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Mardi 19 juillet 2005
LOISIRS Fréquentation générale en baisse, valse des PDG chez Disney, suppression d'emplois à Vulcania, réorganisation au Futuroscope
Les parcs d'attractions s'essoufflent, victimes d'une conjoncture difficile

Eric de la Chesnais et Léna Lutaud
[19 juillet 2005] le figaro


Créé à l'initiative de l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, Vulcania n'a jamais tenu ses promesses.
(Photo Bouchon/ Le Figaro.)
 

 

Coup de tonnerre en Auvergne la semaine dernière.

Déçue par les piètres résultats de fréquentation du parc à thèmes, Vulcania, la Région a dénoncé la délégation de service public qui la liait au parc. Avec à la clef, une suppression de 30 à 40 emplois.

Créé à l'initiative de l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, Vulcania n'a jamais tenu ses promesses. L'objectif était de séduire 800 000 visiteurs en 2005. On sera très loin du compte. A peine, 420 000 personnes se sont passionnées pour les volcans l'année dernière. On en attend moins de 350 000 cette année, soit une baisse de 17%.


Même si Disney, le géant mondial du divertissement a marqué dimanche 17 juillet avec faste les 50 ans de son parc aux Etats-Unis, en France, à quelques exceptions près, les parcs de loisirs s'essoufflent. «Depuis le début de l'année, nous notons une baisse de 10% de la fréquentation de la majorité des parcs de loisirs, explique Didier Arino, associé gérant chez Protourisme avec cependant des opérateurs qui s'en sortent mieux que d'autres», nuance-t-il. «Si l'on tient compte des plus gros parcs, dont Disney, Astérix ou le Futuroscope, la baisse de fréquentation se situe plutôt entre 5 et 7%», affine le professionnel.


Disney est le symbole de ce malaise. Malgré une hausse de 5% du chiffre d'affaires à 1,048 milliard d'euros, la machine à rêve souffre d'un lourd endettement qui représente six fois les capitaux propres. Et, le groupe qui a calculé ses ratios sur des modes de consommation à l'américaine n'arrive pas à se sortir de ce cercle infernal. L'entreprise de loisirs a d'ailleurs connu une incroyable valse des présidents : pas moins de six, en l'espace de neuf ans.


Certes, la conjoncture économique européenne et tout particulièrement celle de la France n'est pas bonne. Car au-delà de la baisse de la fréquentation des parcs, on assiste aussi à une diminution des recettes par visiteur. «Dès que les ménages n'ont pas le moral, ils coupent d'abord dans leurs dépenses de loisirs», explique Eric Guilpart, directeur marketing de la Compagnie des Alpes qui détient notamment Astérix et Grévin. «Si j'écoutais mes enfants, j'irais tous les week-ends dans un parc de loisirs, mais cela coûte vraiment trop cher, confirme cette cadre parisienne, mère de trois enfants. Et quand j'y vais, je viens avec mon pique-nique. Les prix des boissons ou sandwiches sont trop exorbitants», déplore-t-elle.


D'autres freins au développement sont spécifiques aux modes de vie européen : contrairement aux Américains, il n'est pas dans notre culture, ni dans celle de nos voisins, de passer une semaine de vacances dans un parc de loisirs. Pourtant, des parcs comme ceux de Disney fondent leurs ratios de rentabilité sur le mode de consommation américain.

Autre problème, propre celui-là à la France : la météo. En 2003, la canicule avait fait fuir les familles. La chaleur rendait difficilement supportables les trajets en voiture et les quarante minutes de queue pour 35 secondes d'attraction. En 2004, rebelote mais cette fois à cause de la pluie.


Outre l'essoufflement de la demande, «on note un échec des parcs à thème, notamment ceux à vocation pédagogique et scientifique», poursuit Didier Arino. Parmi ceux-ci figurent les parcs portés par les collectivités, outre Vulcania, le Futuroscope à Poitiers, 1,3 million de visiteurs contre 2,3 en 2000, Micropolis, la cité des insectes, en Aveyron ou la Cité de l'Espace à Toulouse. Au total, ce sont près de 20 millions d'euros de subventions directs et indirects qui leur ont été attribuées. Avec à la clé des déficits chroniques. Résultat : les parcs subventionnés accumulent quelque 30 millions de pertes. La mine à ciel ouvert dans le Tarn, à Carmaux, est proche du dépot de bilan.


Quant à Walt Disney Studios, le second parc de Disney à Marne-la-Vallée, il est bien loin des 4 à 5 millions de visiteurs attendus. «Nous ne donnons pas de statistiques parc par parc. La majorité des gens va dans les deux parcs : Disneyland Paris et Walt Disney Studios», explique-t-on à la direction de la communication, où l'on insiste sur le fait que le parc reste la première destination touristique en France avec 12,4 millions de visiteurs. Mais pour séduire malgré tout, Disneyland Paris propose aux populations qui vivent à promiscuité du parc un principe de passe à l'année tout à fait abordable. Objectif ? Si les gens viennent souvent, ils consommeront plus. Et, ça commence à porter ses fruits. «Au premier semestre de cette année, nous avons noté une hausse de 6% du panier moyen par visiteur. Il s'élève désormais à 42,40 euros», explique-t-on à Disneyland Paris qui compte aussi de plus en plus sur le pouvoir d'achat des clientèles étrangères aisées de pays émergents du Moyen-Orient, d'Inde ou du Pakistan notamment. Pour les accueillir trois nouveaux hôtels Kyriad, Movenpick et Holiday Inn sont venus compléter l'offre des 5 800 chambres sur le site avec leur propre réseau de commercialisation comme le Movenpick, du groupe suisse.

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Les bonnes recettes des sites qui marchent

Si Mickey pleure, Astérix et les chevaliers du Puy du Fou se portent à merveille. Plébiscités par le public, ces parcs annoncent déjà un très bon début de saison. En 2004, ils avaient déjà respectivement attiré 1,8 et 2 millions de visiteurs. L'autre parc à succès se trouve à Barcelone. Grâce à ses trépidantes montagnes russes, Dragon Kahn, PortAventura qui fête ses dix bougies devrait battre son record de fréquentation cette année. A chacun sa potion magique.

Astérix, qui avait failli mourir écrasé par Mickey au milieu des années 90, s'en est sorti quand son PDG Olivier de Bosredon a construit le Groupe Grévin en rachetant dix autres parcs dont l'aquarium de Saint-Malo, le plus grand delphinarium européen aux Pays-Bas ainsi que le Musée Grévin à Paris. Entre 2001 et 2003, le chiffre d'affaires du groupe a ainsi bondi de 113 à 127 millions d'euros. Aux yeux du public, chaque site est différent. Mais, en coulisses, la gestion est normalisée selon un modèle unique. La colonne vertébrale de cette organisation est un calendrier prévisionnel. Dans ses logiciels très puissants, le groupe accumule des paramètres aussi divers que la météo, les calendriers de vacances scolaires, les promotions des rivaux, les résultats des saisons passées, etc. Il les analyse ensuite pour décider le nombre de jours durant lequel chacun des sites sera ouvert. Comme dans l'aérien, le but est de prévendre un maximum de tickets en faisant varier le prix. L'astuce consiste ensuite à ajuster les effectifs salariés à la fréquentation.

Côté artistique, chaque parc possède ses héros, le public fait partie de la mise en scène. Enfin, chaque attraction doit être fabriquée avec des pièces échangeables avec celles des divertissements déjà existants. Avec ce système, il suffit de deux ans et hop les indicateurs s'améliorent donc le sacro-saint de la fréquentation.

Ainsi, en 2004, l'aquarium de Saint-Malo récemment racheté a ainsi attiré 405 000 visiteurs contre 355 000 l'année précédente. Désormais dirigé par Serge Naïm, un transfuge d'Euro Disney, le Groupe Grévin poursuit sa lancée. Après avoir acquis le parc animalier Planète Sauvage à l'ouest de Nantes, «nous réfléchissons à le Musée Grévin dans d'autres capitales et à l'agrandir à Paris, annonce Eric Guilpart, directeur du marketing et porte-parole de la Compagnie des Alpes. Nous allons aussi repenser nos modes d'action commerciale : les opérations proches du terrain comme par exemple celles qui sont destinées à des Hollandais. Pour inviter ces derniers à visiter le delphinarium d'Harderwijk, les opérations doivent être pilotées depuis les Pays-Bas. Avec, à la clé, un reporting très poussé.»

A quelques kilomètres plus au sud, les chevaliers du Puy du Fou en Vendée connaissent eux aussi un fort succès. Loin d'afficher une stagnation ou une baisse, la fréquentation est en hausse de 5% depuis le début de la saison 2005. L'an dernier, ce ne sont pas moins de 1,1 million de personnes qui ont franchi les portes du grand parc historique. «Nous enregistrons une progression de 10% des réservations depuis l'ouverture du parc le 24 avril dernier avec un taux de satisfaction très élevé», souligne David Nouaille, directeur de la communication du site. «80% des personnes qui viennent au Puy du Fou se disent très satisfaites», ajoute-t-il.

Les raisons du succès : l'originalité et la créativité des spectacles produits sur place. «Nous inventons et créons nous-mêmes nos attractions. Par ailleurs, notre parc est à l'échelle humaine et notre système de fonctionnement évite les grandes files d'attente», poursuit David Nouaille.

Et la recette marche. Le parc, qui ne reçoit aucune subvention publique, a réalisé un chiffre d'affaires global de 27,4 millions d'euros (+ 16%) pour un résultat net positif de 1,7 million d'euros. Soit autant que la somme investie cette année dans la nouvelle activité : les Vikings. Outre les moyens financiers, ce sont au total quelque 770 salariés, employés d'avril à septembre, qui contribuent au succès du parc et à son rayonnement dans la région et hors de l'Hexagone. «Nos visiteurs recherchent le contact avec nos acteurs et nos artisans. Notre premier vecteur de communication, c'est le bouche-à-oreille», explique David Nouaille.

Côté parc les espagnoles ont l'embarras du choix dans leur propre pays. PortAventura est l'une de leurs destinations préférées à une heure de Barcelone, en Catalogne. «Nous comptons dépasser en 2005 notre record des 3,6 millions de visiteurs et 2 millions d'euros de bénéfices», explique Marcela Gonzales à la direction de la communication du groupe. Le parc est sur le créneau porteur des loisirs aquatiques qui connaissent un regain de succès.


Mardi 19 juillet 2005
 --par Gary Gentile--

AP | 15.07.05 | 20:41


ANAHEIM, Californie (AP) -- Le 17 juillet 1955, un monde féérique sorti de l'imaginaire de Walt Disney devenait réalité. Il y a cinquante ans dimanche, Disneyland ouvrait ses portes à Anaheim, en Californie, inaugurant une nouvelle ère dans l'histoire des parcs de loisirs.
La plaque posée à l'entrée de Disneyland il y a un demi-siècle prévient le visiteur: «Ici vous quittez le monde d'aujourd'hui et entrez dans le monde d'hier, de demain et de l'imagination.»
La proposition de Walt Disney de créer un «parc à thème» consacré à ses personnages avait été accueillie avec scepticisme, le concept étant très éloigné de ce qui se faisait à l'époque aux Etats-Unis en matière de parcs de loisirs.
Mais le succès de Disneyland a dépassé tous les espoirs du père de Mickey, ouvrant la voie à la construction d'autres parcs Disney, en Floride (Disney World), à Tokyo ou encore à Paris (Eurodisney). Au total, on compte aujourd'hui dix parcs Disney dans le monde, sans parler des innombrables parcs à thèmes qui s'inspirent du concept.
Et Disney ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. L'ouverture d'un nouveau parc est prévu en septembre à Hong Kong et un autre devrait voir le jour en Chine, peut-être à Shanghaï, pour profiter de l'émergence d'une classe moyenne dans l'Empire du milieu.
Disney envisage également des parcs plus petits en Corée du Sud, à Singapour et en Australie, qui ne seront pas forcément des copies du Disneyland américain et pourraient être adaptés en fonction des goûts locaux.
Reste qu'aujourd'hui le plus grand défi de Disney pourrait être de séduire une nouvelle génération élevée aux jeux vidéo, qui demande plus d'interactivité dans ses loisirs que n'en offrent la plupart des attractions de Disney. «Presque tout ce que fait Disney est passif, alors que les enfants s'attendent aujourd'hui à ce que tout soit interactif», explique Martin Lindstrom, un expert en marques, qui a été consultant pour Disney.
Lorsqu'il a ouvert en 1955, Disneyland présentait des innovations audacieuses, avec des robots, des hologrammes et des films panoramiques projetés dans des salles circulaires. Quasiment sans égal à l'époque, le parc et son «Royaume magique» suscitait la fascination dans le monde entier.
Au fil des ans, Disney a également fait oeuvre de pionnier en utilisant de nouvelles technologies dans ses attractions, comme «Mission Space» à Epcot (Disney World) en Floride, ou encore le «Space Mountain» du Disneyland d'Anaheim. Mais aujourd'hui, Disney se retrouve en concurrence avec des parcs qui présentent des innovations encore plus époustouflantes.
En outre, il existe aux Etats-Unis d'autres formes de concurrence que les parcs à thème, souligne Bill Coan, ancien de Disney, spécialiste du secteur. «Ce sont les jeux vidéo, 120 chaînes de télé et les centres commerciaux».
Les parcs Disney restent toutefois rentables et leur fréquentation aux Etats-Unis commence à se rapprocher des niveaux enregistrés avant les attentats du 11 septembre 2001.
Le jour de son ouverture il y a 50 ans, Disneyland fut victime de son succès, avec un nombre de visiteurs plus de deux fois supérieur aux estimations et une forte chaleur qui perturbèrent le fonctionnement du parc. Plusieurs attractions durent ainsi être fermées en ce «dimanche noir»...
Au fil des ans, le parc a accueilli des présidents américains et d'autres personnalités. En 1959, le numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev s'en était pris aux autorités américaines dans un discours après s'être vu refuser une visite, au motif que sa sécurité ne pouvait être assurée. AP
lma/v/nc

Mardi 19 juillet 2005
Le Migros Magazine, magazine suisse par excellence présente un article sur une famille fan de coaster et du Ge-Force et un classement des parcs en Europe avec leurs points positifs et négatifs. Je vous invite à consulter les pages intéressante ici !
Mardi 19 juillet 2005
Legoland, Astérix, Tussaud... les fonds d'investissement à l'affût

E. L. C., M. S. S. et L. L.
[19 juillet 2005] Lefigaro

Les prétendants se bousculaient. Mi-juillet, Lego qui avait besoin d'argent pour redresser ses comptes a cédé ses quatre Legoland au fonds d'investissement Blackstone. «Depuis dix-huit mois, les fonds d'investissement se sont découvert une véritable passion pour les montagnes russes et les trains fantômes», note David Camp, directeur du cabinet de consultants londonien Economics Research Associates.

Début juillet, Goldman Sachs s'est offert une part du parc nippon Universal Studio qui attire 8 millions de Japonais grâce à ses attractions inspirées de films comme Jurassic Park. Début avril, Dubai Investment Capital, propriété de Mohamed al-Maktoum, prince héritier de Dubaï, a acheté à Charterhouse Capital Partners les musées de cire Tussauds pour 800 millions de livres.

Quelques mois plus tôt, en 2004, le britannique Palamon Capital Partners a déboursé 200 millions d'euros pour les sept parcs européens du groupe Six Flags plus connus sous le nom Walibi. Quant au fond américain Advent International, il a acheté les parcs ibériques de Parques Reunidos.

Et ce n'est pas fini. A peine propriétaire des cinq musées de personnages en cire Tussauds, Mohamed al-Maktoum vient d'annoncer qu'il allait faire d'autres acquisitions. Avec une fortune personnelle estimée à 10 milliards de dollars par Forbes, le cheikh en a les moyens. Le prince saoudien Waleed Ben Talal, propriétaire de 10% du capital d'Euro Disney et qui ne manque jamais une occasion de s'y amuser à chacun de ses passages à Paris, est prévenu.

Dans une Europe en pleine concentration, car bien des parcs créés dans les années 70 sont vendus par les héritiers des fondateurs, la Compagnie des Alpes, propriétaire du Groupe Grévin (Parc Astérix, Bagatelle, Aquarium de Saint-Malo...), est aussi à l'affût. «Nous avons plusieurs dossiers en cours. Aucun n'est suffisamment mûr pour être bouclé dans les mois qui viennent. Mais au moins un ou deux devraient aboutir entre 2006 et 2009», révèle son directeur du marketing, Eric Guilpart. «Les parcs d'attraction ont trois vies, explique le consultant londonien David Camp. Ils sont créés par des familles, puis cédés à des grands groupes comme Tussauds et enfin vendus à des fonds d'investissement.»

Paradoxalement, tous ces achats se font alors que cette industrie semble de plus en plus risquée. En 2004, les Legoland affichent une perte après impôt de 508 millions de couronnes danoises. Euro Disney est aussi dans le rouge. Pourtant, les fonds y mettent le prix. Tussauds aurait été vendu dix fois son résultat d'exploitation.

Vu les risques, les industriels des sites de loisirs qui n'ont pas les moyens des fonds d'investissement y réfléchissent à deux fois. Ils achètent surtout des parcs à l'unité. A l'inverse, les fonds ont une vision moyen terme et s'intéressent aux ensembles de parcs. En témoigne Parques Reunidos, racheté par Advent International, qui regroupe 14 parcs. Comme Charterhouse qui vient de revendre Tussauds, ils savent qu'ils céderont leurs parcs au bout d'environ cinq ans. «les fonds réalisent leur acquisition par LBO [leverage buy out] dont le propre est une revente envisagée dans les quatre ou cinq ans», rappelle Olivier de Bosredon, ancien PDG du Groupe Grévin. «Ces financiers misent donc sur la plus-value à venir. Personne n'est là pour le long terme», souligne David Camp. Avec raison, car l'effet de levier sur les parcs de loisirs est conséquent. Profitant des taux d'intérêt bas, les fonds empruntent beaucoup et utilisent peu de fonds propres pour acheter les parcs. «Les financiers sont d'autant plus séduits par les parcs que ces derniers génèrent beaucoup de trésorerie, explique Michael Jolly, ancien PDG de Tussauds, qui a conseillé le fonds Palamon dans son achat d'avril 2004. Leurs cash-flows sont assez prévisibles. Le coût d'entrée pour un nouveau rival est élevé. Le marché est aussi en pleine concentration, ce qui offre des «sorties» intéressantes dans les années à venir.»

Mais pour que la revente soit intéressante, il faut valoriser les parcs. C'est pourquoi les fonds d'investissement ne lésinent pas sur les sommes investies pour développer et valoriser leur achat. Advent International a déjà injecté 18 milliards d'euros en deux ans dans Parques Reunidos. De son côté, Palamon a élaboré un plan d'investissement de 65 millions d'euros sur cinq ans pour les parcs Walibi rachetés à Six Flags. «Acheter un parc est capitalistiquement intéressant, c'est un peu comme avoir une rente de situation», conclut Claire Deray, analyste chez Gilbert Dupont. Pas étonnant dans ce cas que les fonds d'investissement aient envie de jouer les voyageurs inattendus des trains fantômes.

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L'agroalimentaire courtise Mickey

Un rafraîchissement à l'Auberge de Cendrillon (parrainée par Vittel), un casse-croûte à la pizzeria Bella Note (sponsorisée par Buitoni) ou bien une pause gastronomique au restaurant Hakuna Matata (parrainé par Maggi) ? Vous êtes bien chez Disneyland mais ici les gourmands ont plutôt l'impression de déambuler chez Nestléland, l'un des deux partenaires alimentaires du parc de Marne-la-Vallée avec Coca-Cola.


Nestlé peut afficher ses marques sur la plupart des restaurants et les kiosques à glaces car c'est un fournisseur très particulier du royaume magique.


Le leader mondial de l'agroalimentaire paie une redevance au groupe de loisirs pour avoir le droit d'y parsemer ses marques et d'y écouler ses produits sans concurrence. Le montant de cette redevance est tenu secret. Tout juste sait-on que le contrat signé en 1992 à l'ouverture du parc a été renouvelé en 2002.


A l'image des salariés dénommés «cast members», ces fournisseurs de Disneyland sont rebaptisés «partenaires» et bénéficient d'un certain nombre de services en échange de leur contribution financière. L'ingénieux système paraît tout droit sorti de l'esprit du génial oncle Picsou. Il rappelle aussi singulièrement les fameuses marges arrière que la grande distribution perçoit de ses fournisseurs.


Avantage pour Nestlé ou Coca, ils peuvent utiliser l'image du parc sur les emballages de leurs produits vendus en grandes surfaces dans toute l'Europe. Ils bénéficient également d'un accès privilégié aux équipements du parc. Ainsi Nestlé a pu organiser 46 conventions ou séminaires internes sur ce site en 2004.


Bien entendu, ce modèle a inspiré la concurrence. Ainsi le groupe Danone est devenu partenaire du Parc Astérix. «Nous avons l'intention d'améliorer notre système de sponsoring», confessent les responsables du village gaulois. Même politique chez Legoland et les parcs du groupe Tussauds. Cadburry, Wall's (Unilever) et Coca-Cola ont signé des partenariats avec les deux groupes. Le britannique est présent dans cinq pays différents avec ses musées de cire et ses châteaux aménagés, mais, fidèle à ses origines, il est quand même le seul à avoir désigné un fournisseur officiel de thé, Tetley.

 
 
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