La Sicile séduit les entrepreneurs suisses

Publié le par parcattractions.fr

Un parc à thème géant en plein coeur de la Sicile. Cette aventure de 600 millions d'euros regroupe plusieurs entrepreneurs suisses et l'Etat italien.
 
Destiné à relancer l'économie de l'île, le Parc de Regalbuto marque surtout le début d'une nouvelle collaboration entre deux pays diamétralement opposés.


Le 26 juillet 1943, Regalbuto a failli être rayé de la carte par les bombardements. En douze heures à peine, les alliés frappent à plus de 22 reprises. Dix jours plus tard, les bombardements redoublent d'intensité.

La petite ville sicilienne, connue pour son magnifique patrimoine historique, ses ruelles tortueuses qui montent et descendent, est à moitié détruite. Mais dès la fin de la guerre, les habitants se mobilisent. L'Etat et la Région débloquent des fonds pour accélérer le processus de reconstruction.

Depuis, plus d'un demi-siècle a passé. Aujourd'hui, Regalbuto a retrouvé un visage souriant. Cette petite commune qui bouillonne d'activités est devenue l'un des hauts lieux touristiques de la Sicile.

Et pourtant à Regabulto, les habitants tirent la langue. L'Etat prend garde à ses sous et hésite encore et toujours à investir dans le sud profond. Pour survivre, plusieurs familles de Regalbuto ont du jeter l'éponge pour se refaire une nouvelle vie ailleurs.

Mais depuis quelques mois, les autorités sont en émoi, car la situation pourrait changer avec la construction d'un immense parc d'attraction financé en grande partie par des entrepreneurs suisses.
 
Une idée folle pour un projet pharaonique
 
L'idée est partie de deux Siciliens. Le premier Gianfranco Micciché est un politicien de longue date, actuellement ministre du Développement territorial. Le deuxième, Rosario Musumeci, considéré comme le véritable patron de l'opération Regalbuto, a un parcours très différent.

Il y a trente ans, le futur homme d'affaires, âgé de dix-neuf ans à peine, quitte son village natal de Zafferana Etnea et s'envole pour la Suisse. Au fil des ans, Rosario Musumeci, qui se lance dans l'immobilier avant de flirter avec le tourisme, noue des relations intéressantes qui lui seront très utiles lorsqu'il décidera de revenir au pays pour construire son immense parc d'attraction.

En Suisse, l'homme parle de son projet autour de lui. Grâce à son bagout, il réussit à séduire les associés de «Green Tree degli Oeri», actionnaires du colosse pharmaceutique Roche. Dans la foulée, Musumeci pousse la direction de «Laini Photo Labor» à le suivre. Et aussi ceux de Viamat, le champion helvétique de la logistique.

Un véritable exploit pour l'homme d'affaire qui a déclaré avec fierté: « J'ai réussi à faire changer d'avis la fleur des entrepreneurs suisses qui s'apprêtaient à choisir la Turquie pour diversifier leurs activités».

Coté finances, les Suisses apporteront dans la corbeille de mariage quelques 480 millions d'euros. Le restant, équivalant à 200 autres millions d'euros, sera cofinancé par l'Etat italien probablement à fond perdu. Mais ces chèques suffiront t-ils à couvrir les besoins de ce projet pharaonique?
 
Relancer les moteurs de l'économie sicilienne
 
Rien n'est moins sûr. Sur le papier, le projet parle d'un parc s'étalant sur 280 hectares, d'un terrain de golf, d'une structure hôtelière 5 étoiles avec 2600 lits. Et encore, d'une salle de congrès de 2500 places et d'un petit aéroport, de 70 attractions et d'une dizaine de zones thématiques.

La fin des travaux, qui devraient commencer en janvier, est programmée pour 2009. D'ici là, 3000 personnes seront recrutées, dans un premier temps pour la construction du parc. Mais d'autres postes devraient être créés lorsque les structures touristiques seront inaugurées.

Si tout se passe donc comme prévu, la construction de ce méga parc d'attractions et l'arrivée des pionniers financiers suisses sont une véritable manne pour la Sicile, qui fait partie des régions laissées pour compte par le gouvernement de Rome.

Mais la messe n'est pas encore dite. De fait, le projet mis au point par l'équipe de Musumeci a déjà été envoyé bouler à trois reprises. Ainsi en février dernier, «Sviluppo Italia» le holding qui dépend du ministère du Trésor italien, a recalé le projet. «Trop cher et peu sûr au niveau des retombées touristiques, même si les auteurs du projet Regalbuto prévoient 3,5 millions de visiteurs par an», ont estimé les techniciens du Trésor.

Source : Swissinfo

Publié dans Revue de Presse Europe

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