Poutine annonce un parc d'attractions en Tchétchénie

Publié le par parcattractions.fr

Sans surprise, Russie unie, le parti au pouvoir en Russie — appelé aussi le "parti du chef" —, est arrivée en tête aux élections, dimanche, du Parlement tchétchène, recueillant 65 % des suffrages, au terme d'un scrutin qui s'est déroulé "dans un climat de peur", selon la mission d'observation envoyée sur place par le Conseil de l'Europe. De fait, 24 000 policiers avaient été déployés pour encadrer les 430 bureaux de vote.

Selon les résultats officiels dévoilés lundi 28 novembre, Russie unie l'emporte avec 65 % des voix devant le Parti communiste (12 %) et les libéraux de l'Union des forces de droite (11 %), ce qui lui donne la majorité des 58 sièges du futur Parlement. Le courant indépendantiste n'était pas représenté. La participation était de 66 % pour 600 000 inscrits (dont 35 000 officiers de l'armée russe cantonnée en Tchétchénie).

Le Kremlin s'est dit satisfait. Le président Vladimir Poutine a estimé, lundi, que l'élection "parachevait formellement le processus juridique de rétablissement du régime constitutionnel", entamé en 1999 par l'envoi de 100 000 soldats dans la petite république rebelle au sud de la Russie. Selon Moscou, cette élection — la quatrième en trois ans après l'adoption d'une Constitution en mars 2003 et la tenue de deux présidentielles en octobre 2003 et en août 2004 — devrait servir de catalyseur à la stabilité.

S'exprimant en marge d'une réunion du gouvernement, Vladimir Poutine a salué "la force de caractère et la maturité politique" des Tchétchènes. "Ils ont montré que personne ne pouvait leur faire peur", a insisté le chef de l'Etat russe, tout en rappelant la nécessité de normaliser la situation socio-économique dans la république dévastée. Pour le moment, les projets du pouvoir en place à Grozny : l'organisation récente d'un concert de rock, la tenue en septembre d'un tournoi de boxe inauguré par Myke Tyson ou encore la construction à venir d'un parc d'attractions.

VIOLENCES QUOTIDIENNES

Grand comme l'Ile-de-France, le territoire de la Tchétchénie, dévasté par la guerre, est loin d'avoir été reconstruit. Des compensations ont été données aux familles dont les maisons ont été détruites par les bombardements mais le niveau de corruption est tel que les bénéficiaires doivent le plus souvent partager ce qu'ils reçoivent avec les représentants de l'administration locale. 80 % de la population est au chômage, l'approvisionnement en eau est aléatoire et la présence de nombreuses mines dans le sol empêche le développement de l'activité agricole.

La violence est quotidienne. Lundi, un policier tchétchène pro-russe et un soldat des forces fédérales ont été tués. Lundi également, Sultan Demilkhanov, le chef de l'administration du village de Pamiatoï dans la région de Chatoï, a été tué à bout portant par des hommes armés qui ont arrêté son véhicule sur une route de campagne. Des mines ont par ailleurs été désamorcées le long du trajet emprunté par le président tchétchène, Alou Alkhanov, tandis que les positions des forces fédérales ont essuyé des tirs dimanche et lundi.

De tout cela, la presse officielle russe n'a rien dit. "La Tchétchénie a choisi la paix", titrait lundi le journal Rossiiskaïa gazeta, soulignant combien "l'humeur générale était festive, pleine de joie et de sourires" du fait "du beau temps mais aussi parce qu'aucune explosion, aucun tir ne s'est fait entendre".

Dans une note plus réaliste, le quotidien Kommersant s'est, lui, attaché à décrire "l'apathie""Le Parlement tchétchène a été élu en dépit des électeurs (...) convaincus que la victoire irait de toute façon à Russie unie, le parti du kremlin", écrit le journal, propriété de Boris Berezovski, le milliardaire russe disgracié et exilé à Londres.
ambiante.

Source : Le Monde

Publié dans Revue de Presse Europe

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