Les pompiers de Disney priés d’intervenir plus vite

Publié le par parcattractions.fr

Eurodisney a reçu il y a quelques jours un avis défavorable pour la sécurité de l'attraction Pirates des Caraïbes. Lors d'une visite de contrôle d'un groupe de l'antenne prévention du département, les représentants de la préfecture et du Sdis de Seine-et-Marne ont émis des réserves. En cause : le temps utilisé par le « fire team », service de pompiers interne à Disney, pour atteindre l'île infestée de pirates d'Adventureland.

Alors que le procès-verbal de sécurité préconise qu'il faille cinq minutes du PC de City Hall au lieu d'intervention, il a fallu ce jour-là plus de six minutes pour rallier l'attraction. « Un dysfonctionnement a effectivement été constaté, assure le porte-parole de la direction, Pieter Boterman. Il a fait l'objet de rappels de procédure en interne. Cet avis est exceptionnel et la sécurité des personnes n'est pas mise en cause. »

Il est extrêmement rare qu'un avis défavorable soit émis tant Euro Disney prend de précautions pour assurer la sécurité de ses quelque 35 000 clients quotidiens et 12 000 salariés depuis l'ouverture du premier parc en 1992.

Ils n'ont pas le droit de courir, pour éviter toute panique
La dernière fois qu'un tel avis négatif a été décerné, c'était en 2001, pour une tente mal montée devant les Studios. Et les contrôles sont permanents : chaque mardi, une visite de sécurité est réalisée dans deux ou trois attractions, restaurants, boutiques, hôtels ou tout autre bâtiment accueillant du public.

En ce qui concerne le délai d'intervention au cœur de l'attraction Pirates des Caraïbes, on ne remet pas en cause le professionnalisme des pompiers maison, dont la plupart sont également volontaires à la caserne de Chessy. Chez Disney, on estime qu'il est dû à la complexité des coursives du bateau et de l'île desservie par des passerelles.

D'autres montrent du doigt l'entraînement de la personne qui s'est prêtée à l'exercice. Pourtant, selon nos informations, le responsable des pompiers de Disney a lui-même refait le chemin du PC de sécurité, situé dans le City Hall, au bateau de pirates. Et il n'a pas amélioré le délai d'intervention. Cette nouvelle tentative était supervisée par Eric Marion, directeur à la sécurité du complexe Disney.

Ce temps de réaction pourrait s'expliquer par les consignes strictes imposées aux agents de sécurité et aux pompiers, notamment l'interdiction de courir dans le parc, même en cas d'urgence, pour ne pas affoler le public. Surtout, les effectifs dédiés à la sécurité auraient beaucoup baissé.

Côté agents de sécurité, le gros dispositif de fouille des sacs aux entrées, dans le cadre de Vigipirate, mobilise du personnel. Et côté secours à la personne, les pompiers, qui étaient un peu plus de 80 il y a deux ans, ne sont plus que 60 aujourd'hui. Un nombre insuffisant pour couvrir les parcs, les hôtels et le Disney Village, et gérer les malaises que peuvent ressentir des visiteurs dans les attractions à sensations, tel le Space Mountain ou le Rock'n'Roller Coaster.

Après un rappel à l'ordre au sein de ses équipes, la sécurité de Disney présentera, vendredi prochain, des améliorations en préfecture. La sous-commission à la prévention dira si elle maintient l'avis défavorable ou si, lui attribuant des vertus purement pédagogiques, elle estime que les mesures prises par Disney suffisent à répondre aux risques.

Source : Le Parisien

Publié dans Revue de Presse Europe

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