Canicule et pluie vident les parcs de loisirs

Publié le par parcattractions.fr

Fréquentation en baisse pour les parcs à thème. Le secteur poursuit sa consolidation pour amortir de lourds investissements.

 
« J'AI CALCULÉ : depuis le début de l'été, nous avons eu onze jours sans canicule ni pluie. Nous sommes 30 % environ au-dessous de nos objectifs », regrette Christian Douchement, directeur du parc Bioscope, consacré à l'homme et à l'environnement en Alsace. Bienvenue au club ! Inauguré le 1er juin à côté de Mulhouse, ce parc aura été d'emblée plongé dans la dure réalité du métier. Au point que son objectif annuel de 200 000 visiteurs sera difficile à atteindre. « Ce n'est que notre première courte saison. Nous avons pris des risques en faisant le pari de l'intelligence. Ç'aurait été plus facile de faire un aquarium ou un zoo », poursuit le patron de ce projet innovant dans son montage : 49 % pour la région et 51 % l'opérateur privé Compagnie des Alpes.
 
Pour les 280 parcs de loisirs français, l'heure est déjà au bilan, et celui-ci est en demi-teinte. Après des années de stagnation, ces sites, de plus en plus concurrentiels face à une explosion récente de l'offre, ont investi collectivement 150 millions d'euros pour renouveler leurs attractions. Or, à fin juillet, la baisse de fréquentation atteignait 7 %, selon le cabinet Protourisme. Un risque économique lourd pour une activité dévoreuse de capitaux, difficilement amortis par une très grande volatilité de la clientèle.
 
« Quand il pleut le 15 août, personne n'a envie d'aller dans un parc d'attraction. Les gens ne réservent pas comme à l'hôtel. Le nombre de visiteurs peut donc varier du simple au triple d'un jour à l'autre. Cela fait partie du métier, on est là pour assurer », tempère Serge Naïm, directeur général des parcs de loisirs de la Compagnie des Alpes - 21 sites, dont dix en France (Astérix, Walibi, Musée Grévin...). Le groupe a l'avantage de pouvoir lisser les écarts en compensant les performances entre établissements.
 
Car tous les parcs ne sont pas logés à la même enseigne. « Les parcs animaliers ont été touchés par le catastrophisme lié à la grippe aviaire, les parcs d'attraction par la canicule, en revanche, les parcs aquatiques fonctionnent bien », constate Didier Arino, associé-gérant de Protourisme.
 
Mickey retrouve le sourire
Parmi les leaders, Disneyland pourrait afficher une hausse grâce au retour massif des touristes étrangers en France (deux tiers de son activité). De bon augure après le lancement d'un plan de 240 millions d'investissements. Astérix et le Futuroscope sont en retard sur leurs objectifs. Vulcania continue sa descente au centre de la Terre
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Des à-coups néanmoins atténués par une meilleure solidité financière. « Le marché est mature, avec de lentes progressions. Mais les baisses de fréquentation ne sont pas considérables et s'inversent dès que la météo s'améliore. De plus, elles sont compensées par une augmentation du ticket moyen, comme au Futuroscope, ce qui peut protéger le chiffre d'affaires », analyse Didier Arino.
 
Pour autant, la concentration du secteur n'est pas finie. Le Marineland d'Antibes a été racheté cet été par l'espagnol Parque Reunidos pour 40 millions d'euros. La Compagnie des Alpes, qui avait regardé le dossier, a préféré mettre la main sur les quatre parcs Walibi. Et Vulcania pourrait changer d'opérateur l'an prochain.

Source : Le Figaro

Publié dans Revue de Presse Europe

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