Euro Disney : six présidents en neuf ans

Publié le par BAPST

LOISIRS Le parc cherche à se relancer

Christine Ducros et Eric de La Chesnais
[21 mai 2005]

- Le Figaro Entreprise

Sensations fortes à Euro Disney. La valse des présidents est plus violente que le nouveau Space Mountain inauguré en avril dernier. En neuf ans, six dirigeants auront défilé à la tête du parc. Le dernier en date, le Français André Lacroix, avait été nommé en juillet 2003. Il est parti hier. Il a été remplacé par Karl Holz, directeur général délégué d'Euro Disney SCA, arrivé en France en septembre 2004.


Depuis neuf ans, Karl Holz a occupé différents postes de management. Il a été auparavant vice-président en charge des opérations du parc Knott's Berry Farm en Californie. «Il s'agit d'un simple changement dans la continuité, relativise un connaisseur du secteur. André Lacroix était là pour restructurer la dette du parc. Sa mission est achevée. Karl Holz est désormais là pour l'opérationnel et il a une bonne expérience dans ce domaine.»


André Lacroix avait effectivement mené la restructuration financière du groupe. Conclue en février, cette opération avait été suivie par une augmentation de capital de 253,3 millions d'euros. Fin avril, Euro Disney annonçait un recul de 26% de sa perte au premier semestre (octobre-mars), à 80,9 millions d'euros. Le groupe s'était alors engagé à investir cet argent en ouvrant chaque année une nouvelle attraction jusqu'en 2008.


Ces efforts ne rassurent pas Didier Arino, consultant chez Protourisme. «C'est un parc à l'américaine dont les investissements ont été surdimensionnés dès le départ, analyse-t-il. A partir de là comme pour Eurotunnel dans un autre domaine, la spirale infernale de l'endettement était prévisible. Aujourd'hui, il a un autre problème à gérer, c'est la baisse de qualité des prestations de services. La restauration, par exemple, ne répond pas aux attentes du marché français.»


Ce n'est pas si sûr, estime Laurent Colombani, chef de projet chez Booz Allen Hamilton. Selon lui, le problème d'Euro Disney reste avant tout d'ordre financier. «Le parc subit toujours le passif d'un démarrage difficile, dit-il. Aujourd'hui, son problème, c'est moins l'affluence que l'augmentation moyenne des dépenses des visiteurs, notamment dans la restauration et l'hôtellerie qui représentent près de 40% des revenus du groupe.»


Aux problèmes du premier parc, s'ajoutent ceux du second, dédié au cinéma. L'idée, c'était de faire de ces deux parcs une véritable destination touristique de plusieurs jours sur le modèle de ce qui marche aux Etats-Unis. Pas de chance. Le deuxième parc, lancé deux mois avant le 11 septembre 2001, a subi de plein fouet la crise du tourisme qui a suivi. Il peine toujours à s'en relever. Le groupe table cependant cette année sur une augmentation de 5% de la fréquentation de ses parcs. Pour l'instant, Euro Disney accueille 12,5 millions de visiteurs. «C'est toujours 2,5 millions de visiteurs de moins que le plus grand parc de Disney aux Etats-Unis», relève Didier Arino.

Publié dans Revue de Presse Europe

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