Walibi va encore se développer

Publié le par BAPST

Breny

Walibi compte s'étendre sur une zone de 4,5 hectares. Il attend le feu vert des pouvoirs publics. Les riverains craignent de nouvelles nuisances sonores.

L e nouveau décret wallon ne prévoit plus d'étude d'incidences mais bien un rapport environnemental. Pour nous conformer à cette réglementation qui ne prévoit pas de normes transitoires et pour éviter ainsi tout problème d'ordre juridique, nous avons préféré respecter strictement la nouvelle procédure.

Charles Michel, échevin de l'urbanisme, justifie de la sorte l'examen, ce mardi soir, du dossier Walibi par le conseil communal. De quoi s'agit-il ? En 1998, le parc a acheté les 4,5 hectares de terrains appartenant aux Facultés universitaires Saint-Louis. Des terrains situés dans le prolongement du parc vers Limal et qui sont repris en zone d'équipement communautaire au plan de secteur. Pour en faire une extension, Walibi (62 hectares aujourd'hui) a donc besoin d'un plan communal d'aménagement dérogatoire (PCAD) au plan de secteur. C'est sur cet avant-projet et le rapport environnemental qu'il implique que le conseil sera appelé à se prononcer ce soir (1).

La future zone se compose de trois parties : une zone couverte et/ou silencieuse, proche des habitations ; une zone pour les attractions à sensations fortes le long de la route rapide Wavre - Ottignies ; et enfin une zone mixte (sensations fortes, attractions couvertes ou silencieuses) située au nord-est des terrains sur la rive droite de la Dyle. Le moulin de Limal, lui, sera sauvegardé.

Au nom des riverains, Marie-Josée Aguirre, administrateur de l'ASBL les Versants de la Dyle, s'oppose à ce PCAD.

L'étude d'incidences faite par Poly-Art, explique-t-elle, a démontré que ce plan communal allait mettre Walibi hors des normes de bruit imposées par le permis d'exploitation aussi bien en période de jour (maximum 55 décibels) qu'en période de transition (maximum 50 décibels à partir de 19 heures).

De nouvelles simulations de bruit ont confirmé ces dépassements, principalement en période de transition. Les riverains considèrent donc que de nouvelles attractions à sensations fortes ne feraient qu'aggraver les choses.

Et Marie-Josée Aguirre d'ajouter : Depuis des années, nous nous battons pour que les pics sonores dus aux cris et hurlements soient pris en compte pour imposer des améliorations techniques. Dès lors, nous ne pouvons accepter de nouveaux engins qui incitent les gens à hurler davantage...

Dominique Fallon, directeur des promotions à Walibi, précise d'abord qu'aucun projet n'est prévu actuellement pour la future zone « Saint-Louis ».

Une nouvelle procédure a été fixée par la Région wallonne, et nous devons bien sûr la respecter, souligne-t-il. Mais il importe pour nous de savoir si cette extension est acceptée et peut s'inscrire dans le développement du parc à long terme. Nous avons besoin de garanties.

Walibi attend donc le feu vert des pouvoirs publics. Et notamment sur le plan des obligations environnementales.

Elles ne seront certainement pas assouplies à l'avenir, et nous devrons en tenir compte dans notre projet, précise le directeur. Mais ceci concerne tous les parcs et les fabricants eux-mêmes : en dix ans, des progrès énormes ont été réalisés sur le plan technique pour atténuer les bruits.

Dominique Fallon insiste par ailleurs sur le fait qu'un parc comme Walibi se doit de conserver l'équilibre entre les trois composantes qui font son succès : des attractions pour les plus petits, d'autres pour les familles et d'autres encore pour les 10-30 ans (attractions à sensations). Si l'une des trois disparaît, nous serons dépassés par la concurrence.

Enfin, le directeur des promotions rappelle les efforts consentis par le parc ces dernières années pour réduire les nuisances sonores. Rien que le recouvrement de la Turbine (ex-Sirocco) nous a coûté 2,5 millions d'euros, conclut-il.

 PHILIPPE PIERRE - mardi 28 juin 2005

Source : Le Soir

Publié dans Revue de Presse Europe

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