Serge Naïm : la Compagnie des Alpes prête à appuyer Grévin

Publié le par BAPST

MEMBRE DU DIRECTOIRE de la CDA, depuis février, chargé de la branche parcs de loisirs de la Compagnie des Alpes et directeur général de sa filiale Grévin & Cie, Serge Naïm livre aux « Echos » son analyse du second métier stratégique du Groupe. La CDA a annoncé hier soir, une hausse de 14,4 % de son résultat net part du groupe à l’issue du premier semestre de l’exercice 2004-2005 à 22,2 millions d’euros pour un chiffre d’affaires en hausse de 19 % à 217,6 millions.

Votre nomination a coïncidé avec l’annonce d’un changement de stratégie pour la branche parcs de loisirs de la CDA. Où en sont vos réflexions ?

Il n’y a pas de changement de stratégie. Je suis là pour mettre en place celle entérinée par la CDA, il y a trois ans, lors de son OPA sur Grévin & Cie. Il s’agit de rééquilibrer son activité avec un métier complémentaire de l’exploitation des remontées mécaniques. Ce pôle doit arriver à une taille critique pour que le groupe ne soit plus dépendant de son activité historique. Or, sa croissance n’a pas été au rendez-vous. Mon rôle est d’aller au bout de cette stratégie, ce qui signifie notamment aller plus loin, en termes d’organisation. Nous avons aujourd’hui trois grandes zones d’implantation : l’Ile-de-France, le Grand Ouest de la France et l’Europe du Nord. Je pourrai même dire le Parc Astérix, qui représente de 50 % à 60 % de nos résultats, le reste de la France, et l’Europe du Nord. Il nous faut constituer des sous-ensembles homogènes dans cet ensemble, jusqu’à présent hétéroclite tout en possédant de très beaux actifs.

Au-delà, comment qualifiez-vous vos actifs ?

Il y a, en premier lieu, les actifs très rentables et à gros potentiel, avec Parc Astérix et Grévin . Nous allons soutenir la politique d’investissement de l’un et l’autre. Concernant Astérix, nous avons une marque et un capital de sympathie très important. Il va y avoir une série d’événements à partir de la rentrée, avec la sortie d’un nouvel album, qui feront que l’on entendra beaucoup parler d’Astérix jusqu’en 2009, année du cinquantenaire du personnage et des vingt ans du parc. Nous devons nous appuyer sur ces événements pour élargir davantage la clientèle, constituée à 7 % d’européens.

Il y a, par ailleurs, les actifs à gros potentiel, mais dont il faut retrouver la rentabilité. C’est le cas de notre delphinarium néerlandais pour lequel nous sommes confiants, car il devrait retrouver la croissance en 2006. Viennent ensuite les sites, pas forcément à gros potentiel, mais qui marchent bien. C’est notamment le cas de l’aquarium de Saint-Malo et de France Miniature. Enfin, divers sites en Allemagne et en Angleterre restent très saisonniers et doivent trouver leur modèle économique. Car tous doivent être rentables. J’ajoute que, si le groupe ne perd pas d’argent, il peut faire plus. Nous avons même perdu du terrain ces dernières années par rapport à nos concurrents. Je n’ai pas d’objectif global, mais chaque site doit s’approprier son propre objectif dans le cadre de sa stratégie propre.

Quels sont vos priorités et votre calendrier ?

D’abord, m’appuyer sur l’équipe existante et apporter des compétences nouvelles à l’entreprise. C’est en cours avec de prochains recrutements. Nous avons besoin de spécialistes en matière de politique tarifaire, de sponsoring. Nous avons aussi besoin d’une direction des achats et se pose la question d’une direction européenne, si nous continuons de grandir. On ne peut pas piloter nos sites néerlandais et allemands depuis Paris ! Notre projet d’organisation sera prêt en octobre, et nous devrions voir les résultats de nos premières actions sur 2006-2007.

Ce repositionnement stratégique s’accommode-t-il d’une poursuite de la croissance externe ?

Oui. Grévin doit continuer de grandir, et la croissance externe est nécessaire pour atteindre une taille critique. Elle doit avoir une logique géographique ou une logique de métier. Acquérir un par au Pays-Bas aurait, par exemple, du sens. Nous ne nous interdisons pas de faire de grosses opérations. La CDA est prête à mobiliser des moyens, en investisseur avisé, prudent et de long terme. L’acquisition de grands groupes permettrait de dynamiser l’ensemble ou d’ouvrir les portes de nouveaux pays, notamment en Europe du Sud.

Après le Bioscope, quel est votre prochain projet ?

Il s’agit de Bioscope 2, la deuxième tranche du projet, sachant que la première sera ouverte le 1er juin 2006 à 10 heures. C’est un beau projet au concept très novateur. Il s’avère crucial pour le tourisme en général, car c’est un exemple de partenariat public-privé. Pour l’autre phase, nous avons quelques idées dans nos cartons, mais nous ne sommes pas pressés. Nous avons dix ans devant nous. La réaction du public sera déterminante et nous faisons tout pour le séduire d’emblée.

Comment se présente la saison 2005 ?

Elle reste à faire, car juillet et août sont des mois essentiels, y compris pour le Parc Astérix qui est prévendu à 70% aux comités d’entreprise et professionnels du tourisme, sauf l’été. La conjoncture est morose, mais nous prenons toutes les mesures pour faire une bonne saison.

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