Futuroscope : Les "Yeux grands fermés" prolongés au-delà de l'été

Publié le par parcattractions.fr

Avec plus de 30 000 visiteurs déjà reçus début juillet depuis son ouverture le 1er avril dernier, le parcours dans le noir "Les Yeux grands fermés", nouvelle animation du Futuroscope de Poitiers, remporte un tel succès que le parc d'attractions a annoncé sa prolongation jusqu'au 1er novembre 2005.


Ce parcours sensoriel proposé aux voyants, guidés par des aveugles dans l'obscurité la plus totale, les soumet, à travers une succession d'espaces reconstitués, à une centaine de sollicitations olfactives, auditives et tactiles.


Cette expérience est née de la collaboration entre le Futuroscope et l'association Paul Guinot (www.guinot.asso.fr), qui milite depuis 1920 en faveur de l'intégration sociale et professionnelle des déficients visuels. Une association dédiée aux "Yeux grands fermés", a ainsi été créée pour l'occasion.
Pour son président Didier Roche, par ailleurs vice-président de l'association Paul Guinot, cette animation constitue, au-delà du simple divertissement, une véritable "aventure humaine". En effet, "les déficients visuels deviennent les guides de ceux qui voient, une situation à l'opposé de ce qui se passe dans la vie ordinaire", explique-t-il dans le dossier de presse du Futuroscope, en espérant que "cela changera l'attitude des gens vis-à-vis de ce handicap".

La difficulté de se situer dans l'espace
 
Pour mener à bien ce projet, le Futuroscope a recruté spécialement une équipe de huit personnes déficientes visuelles, originaires de Paris, Nantes, Poitiers ou Limoges, musiciens, chanteurs, sportifs ou informaticiens, tous engagés dans la vie associative liée à leur handicap et séduits par l'aspect "citoyen" de l'initiative.
"Le parcours dans le noir permet aux visiteurs de ressentir notre difficulté quotidienne à nous situer dans l'espace", témoigne par exemple l'un d'entre eux, Jean-Michel Sablon, qui ajoute que
"la restitution acoustique du parcours est très proche de la réalité".
Au cours de cette traversée d'une durée de 20 minutes environ, par groupes d'une dizaine de personnes, se succèdent plusieurs atmosphères, après passage dans une zone d'adaptation semi-obscure où les plus angoissés peuvent encore faire demi-tour.
Entrés dans une ambiance de campagne et de marais, entre bruissement végétal et clapotis de l'eau, les visiteurs s'engagent ensuite dans un chaos urbain fait d'obstacles et d'agressions sonores et olfactives, avant de souffler dans les embruns et les cris d'un bord de mer.
Une participation financière est demandée aux visiteurs des "Yeux grands fermés", en plus du prix d'entrée au parc. Les bénéfices dégagés par l'opération serviront à acheter des détecteurs de couleurs pour les personnes déficientes visuelles, s'engage le Futuroscope.

Animation ouverte tous les jours de 11 h à 13 h et de 15 h à 19 h. Accessible uniquement aux visiteurs du Futuroscope (quatre euros pour les adultes, trois euros pour les enfants et les groupes, en plus du billet d'entrée au parc).

L'histoire des expériences sensorielles dans le noir a commencé en France en 1992, avec l'installation au Théâtre de Chaillot à Paris, au sein de l'exposition "Les Arts étonnants", du parcours "Dialogue dans le noir", créé en 1989 en Allemagne. Ce dispositif fut repris dès l'été suivant au Festival d'Avignon, et par la suite un peu partout dans le monde, avant l'ouverture en 2000 d'un espace permanent à Hambourg. En 1993, eurent aussi lieu à Paris les premiers dîners dans le noir, développés en France par l'association Paul Guinot, à travers un programme de sensibilisation au handicap visuel "Le Goût du noir", jusqu'à la création en 2004 d'un restaurant permanent "Dans le noir ?" et d'une agence d'événements dans le noir Ethik Event, fondée par Didier Roche.

Source : ASH

 

Publié dans Revue de Presse Europe

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