Europa-Park über alles

Publié le par parcattractions.fr

Mais qu'est-ce que je fous ici ? Il y a toujours un moment où l'on regrette d'être allé dans un parc d'attractions. Où, derrière un air faussement détendu, on maudit en secret les autres et leurs envies de sueurs froides. Ce n'est cependant pas mauvais signe, ce serait même plutôt l'inverse. Lorsque ce sentiment surgit, on est le plus souvent coincé dans un wagonnet qui monte, qui monte, qui monte. Lentement, inexorablement, vers un sommet dont la hauteur est proportionnelle à la poussée d'adrénaline à venir. Bref, dans une attraction qui déchire avant même d'avoir réellement commencé. Europa Park, le plus grand centre de loisirs d'Allemagne, fait encore plus fort. Dès l'arrivée sur le site, les tripes sont mises à contribution. L'un des musts de l'endroit, le Silver Star, montagne russe superlative, se paie sournoisement le luxe de virevolter au-dessus de l'immense parking. De quoi accueillir le visiteur à coup de hurlements. Premiers frissons garantis avant même d'avoir déboursé les 27 euros du sésame d'entrée. Pas mal.

Lové depuis trente ans à deux pas de Fribourg, trois de Strasbourg et quatre de Bâle, Europa Park annonce tout de suite la couleur. Avec ses septante hectares d'aire de jeu, le complexe se divise en onze quartiers (douze en 2006), chacun dédié à un pays du continent. De l'Espagne à la Russie (et oui, c'est en Europe géographique) en passant par la Suisse ou les Pays-Bas - mais pas la Belgique -, le visiteur a l'occasion de s'essayer à une centaine d'attractions. Les yeux et les oreilles sont également à la fête, une vingtaine de shows égayent continuellement les quatre coins de l'immense plaine investie. Le tout sous la houlette d'Euromaus, le Mickey local.

Si ce n'était pour son costume un peu kitsch, la petite souris allemande n'aurait pas à rougir face à son illustre alter ego américaine. Sans avoir le portefeuille de cette dernière, la mascotte s'est construit un refuge remarquable de qualité, de diversité et de détails. Niveau hôtellerie, rien à redire. On se croirait à Disney, en plus soigné et mieux situé. Les petiots comme les aînés y trouvent leur compte. Tout ici semble répondre à l'exigence de plus-que-parfait. Deux fragments originaux du Mur de Berlin par-ci, un véritable module d'entraînement de la station spatiale MIR par-là, rien n'est laissé au hasard afin de restituer l'ambiance des contrées visitées. Crêperie Nadine, Walliser Stuben, Fiskhuset Mermaid et même bar à champagne en prime.

Gaffe toutefois à ne pas trop se goinfrer, certaines attractions sont du genre impitoyables. Visez plutôt. Tout beau, tout neuf, le supersplash Atlantica s'écrase à plus de 80 km/h après avoir effectué la moitié du trajet à l'envers. De leur côté, les cosmonautes en herbe iront graviter entre gratte-ciel et antenne radar XXL grâce à Euro-Mir. Les fanas de sport auront, eux, l'occasion de se laisser glisser dans le très helvétique Bobsleigh ou d'affronter les rapides finlandais à bord de l'éclaboussant Fjord-Rafting. Et pour se remettre les cervicales en place, rien de tel que l'obscur Euro-Sat, mini-Epcot à l'usage détourné. Même pas peur ? Patience, le Silver Star n'est pas loin. Juste à côté. C'est vrai qu'avec sa frêle carcasse culminant à 73 mètres, il donne tout de suite moins envie de faire le malin.

Dans la file, dès les premiers mètres, certains se désistent. Les plus frimeurs se révèlent vite être les plus trouillards. Ou les plus sensés. Car une fois assis dans le wagon, l'impression d'avoir fait une connerie croît très rapidement. Trop tard. L'excitation s'élève en même temps que les rails. Lente, grisante. Presque honteuse. Le septième ciel n'est pas loin. A peine le temps d'apercevoir la terre d'en haut et c'est la libération. La chute de 69 mètres. A 70 degrés et 130 km/h. 4G dans la tronche. Impossible de ne pas crier. Les pics se succèdent. Huit fois. En tout, 200 secondes de bonheur dont 20 en « airtime » (apesanteur). Unique en Europe. Unique tout court.

Autre exclusivité de l'endroit, « Les Gladiateurs arrivent ». Mise en scène par Mario Luraschi, célébrissime chorégraphe équestre, cette fresque antique rassemble chevaux, chars et gladiateurs pour une demi-heure de show à l'allure impériale. A deux pas de là, une brochette de patineurs internationaux pirouettent sur la glace du quartier suisse. Et, entre deux attractions, il reste les artistes de rues pour perpétuer l'ambiance magique. Dans les trois langues s'il vous plaît. Car ici, le personnel parle au minimum allemand, anglais et français, localisation géographique oblige. On ne comprend pas comment on est passé à côté si longtemps.

Source : leguide.be

 

Publié dans Revue de Presse Europe

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