«Vérifier un manège: de 3 heures à 3 jours»

Publié le par parcattractions.fr

Michel Rousselle, contrôleur, revient sur la sécurité après l'accident dans un grand huit:
La chute d'une nacelle dans un grand huit à Saint-Paul (Oise), le 17 août, porte à sept le nombre d'accidents dans les fêtes foraines en 2005. Et soulève des questions sur la surveillance des installations. Michel Rousselle, directeur technique de CTS, société de contrôle de la sécurité, et par ailleurs ancien ingénieur aéronautique, revient sur la question.

Comment sont contrôlés les manèges forains ?

Une inspection dure au minimum trois heures mais ça peut aller jusqu'à trois jours. Tout dépend de la complexité des machines à expertiser : une pêche au canard demande moins de travail que des autotamponneuses ou un grand huit. On teste le manège à vide puis à charge. Pour ces simulations, il est impératif qu'il soit en situation d'accueillir le public : entièrement monté, et électrifié. Nous sommes soumis par les normes européennes à un protocole de contrôle rigoureux que nous suivons point par point : mécanique, électricité, hydraulique et pneumatique. Si toutes les conditions de sécurité sont remplies, nous délivrons à l'exploitant un certificat qui sera valable trois ans. Ce document est exigé par les communes qui accueillent des fêtes foraines. Sans lui, aucune autorisation de montage n'est délivrée. Mais les manèges ont beaucoup changé ces dernières années. On est passés du domaine mécanique à celui de l'électronique. Question sécurité, cela complique encore la tâche : pour rester compétents, les contrôleurs doivent s'adapter en permanence aux nouvelles technologies.

Quels sont vos rapports avec les forains ?

Nous sommes des empêcheurs de tourner en rond. En général, les exploitants se préparent au contrôle technique de sécurité avant de nous contacter. Cela les pousse évidemment à entretenir correctement leurs installations, car c'est leur gagne-pain. Sans compter que l'expertise, facturée de 300 à 1 500 euros, est à leur charge. Si les normes ne sont pas respectées, il nous faut revenir, et ils payent deux fois plus cher.

Source : Libération

Publié dans Revue de Presse Europe

Commenter cet article