Les Hongkongais ne veulent pas être pris pour des Mickeys

Publié le par parcattractions.fr

 Mickey Mouse à la rescousse ! L'ouverture d'un Disneyland à Hongkong, lundi 12 septembre, représente, à lire la presse locale, l'espoir d'un nouveau souffle pour un territoire qui a du vague à l'âme. Retour dans le giron de la mère patrie en 1997, choc de la crise asiatique quelques mois plus tard, compétition accrue avec les grandes métropoles du continent chinois, taux de chômage en expansion, épidémie de SRAS : les problèmes ont été légion ces dernières années pour l'ancienne colonie britannique.

"Disneyland is our tomorrowland" ("Disneyland est notre pays de demain"), titre joliment le quotidien South China Morning Post, qui remarque dans son éditorial : "Rarement un projet a autant capté l'attention générale du public. Une importante somme d'argent des contribuables a été dépensée. Hongkong a le droit d'exiger que tout aille pour le mieux." Après avoir investi près de 2 milliards d'euros dans le projet, le chef de l'exécutif hongkongais, Donald Tsang, espère que cet "investissement stratégique" en rapportera une quinzaine dans les quarante prochaines années. Venu en personne inaugurer le parc, le vice-président chinois, Zeng Qinghong, s'est félicité de "la réussite de la coopération entre le gouvernement de Hongkong et Walt Disney".

Après une parade d'acrobates effectuant la traditionnelle "danse du lion", le parc a été solennellement déclaré ouvert au son d'une chorale d'enfants qui ont chanté un hymne de bienvenue en chinois, anglais, mandarin, cantonais et français, langues utilisées dans les divers Disneyland de la planète. Mais des voix discordantes s'élèvent déjà contre cette nouvelle américanisation culturelle d'une ville à l'identité mal définie : "La présence de Disney ne va faire qu'accroître notre réputation de grand supermarché de la consommation", déplore Kimburley Choi, une doctorante à l'université de Lingnan. Lee Cheuk-yan, député au Conseil législatif, la mini-Assemblée de Hongkong, s'est élevé contre les règles "inhumaines" du groupe américain : les employés du parc n'ont pas le droit de boire de l'eau devant les visiteurs et ne disposent que d'une pause de quinze minutes toutes les quatre heures...

Dimanche, un groupe de manifestants a instillé une nouvelle fausse note dans l'euphorie ambiante en installant devant le parc une cage emprisonnant une énorme peluche de la célèbre souris. Une manière de symboliser "l'exploitation des travailleurs et la colonisation culturelle" qu'incarne, selon eux, la présence de ce lieu de loisirs, qui va tout de même permettre la création de 36 000 emplois et peut-être augmenter de plus de 3 millions par an le nombre de touristes.

Source : Le Monde

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