Au royaume des Elfes

Publié le par parcattractions.fr

 

Au royaume des Elfes

 

Il était une fois un monde oublié. Entre sorcières et robots articulés, Efteling surgit d'un autre temps. Pour conter légendes et saynettes.

Par Sandro Faes

À peine arrivé au coeur du triangle orange Breda-Tilburg-Waalwijk, c'est une étrange atmosphère qui envahit les alentours du parc d'attractions d'Efteling. Ici, aucune trace de grandes vagues humaines, de brouhahas assourdissants montant vers le ciel. Juste une sorte de hutte immense à l'orée d'un bois effleuré par les derniers symboles apparents de notre civilisation moderne : les voitures. Derrière, pas moins de septante-deux hectares de nature verdoyante renferment ce qu'il conviendrait d'appeler le plus grand livre de contes à ciel ouvert d'Europe. Car cet écrin de verdure apparu dans le lointain 1952 n'est pas à proprement parler un endroit de divertissement au sens moderne du terme. Non ! Ici, on est encore dans le domaine du féerique. Elfes, gnomes, légendes et créatures ensorcelantes font partie du décor depuis plus de cinquante ans. Certes, l'aspect général s'en fait ressentir. Certains décors ont du mal à masquer leur grand âge. Mais cela ne semble pas gêner le moins du monde les chouchous du parc : nos petits chérubins.

Depuis cinquante-quatre saisons donc, Efteling revêt son habit d'apparat. Cette année encore, la recette est la même. Au pays de la tulipe, trois cent mille bulbes et plantes printanières ont été parsemés un peu partout afin d'accueillir celui qui, tout au long de l'année, égaiera l'endroit de sa présence : Hans Christian Andersen. Très attaché à ses contes et comptines, le royaume des elfes ne pouvait manquer le bicentenaire du célèbre Danois. Depuis mars, voilà les classiques « Hansel et Gretel », « Belle au bois dormant » et autres accueillant « La petite fille aux allumettes » dans le très vaste bois des contes. Niché dans Mare Rijk, l'un des quatre royaumes du parc, cette forêt renferme des animatronics dont le seul but est de narrer aux gosses les plus belles histoires de notre jeunesse. Entre kitsch et magie, les voilà revivant une époque où l'électronique n'en était qu'à ses balbutiements. Et ça marche. Là où beaucoup d'adultes crieraient au scandale, les marmots nous donnent une leçon d'humilité et de simplicité dans le domaine du divertissement.

Plus dans la mouvance classique des parcs, une batterie d'attractions est là pour satisfaire les besoins de sensations du visiteur. Parmi celles-ci, « Droomvlucht », un « suspended dark ride ». A l'instar du « Peter Pan's Flight » à Disneyland, il emmène ses passagers dans des wagonnets suspendus à un rail. L'effet est saisissant. A travers les cinq immenses salles explorées, c'est tout le royaume magique des elfes et des fées qui semble s'offrir aux yeux de tous. L'émerveillement est palpable. Le petit enfant à côté de nous n'en revient pas. Du haut de ses six ans, la joie se lit sur son visage illuminé d'un sourire édenté. Un peu plus loin, la Pagode, plate-forme flottante, s'élève dans les airs, offrant une vue imprenable sur l'immensité du lieu. Pas top adrénaline, mais une fois de plus, le but recherché n'est pas de couper le souffle mais d'inonder les regards de magie. A signaler le Pegasus, un « wooden coaster » (entièrement en bois) dont le côté nostalgique permet d'oublier la relative désuétude.

Rayon spectacle, revoilà notre conteur à l'honneur. Dans l'enceinte enchanteresse du théâtre Efteling, l'un des plus grand des Pays-Bas, ce ne sont pas moins de seize acteurs qui défilent afin de jouer « Les souliers rouges » et « Le vilain petit canard » d'Andersen. Chansons, danses tentent de restituer toute la complexité de l'oeuvre du Danois. Une demi-heure durant, les petiots reprennent en coeur les refrains à tue-tête. C'est d'autant plus magique que le show est entièrement en néerlandais, ce qui ne gênait pas le moins du monde les francophones et germanophones de l'assistance. Et même s'il est joué cinq fois par jour, il convient d'être présent à l'avance pour espérer avoir une petite place.

Un demi-siècle après sa création, la formule plaît encore. Le langage des enfants est resté universel. Une bonne raison pour vous laisser guider par vos rejetons, c'est à travers leur candeur que vous profiterez au mieux de l'ambiance chère et décalée d'Efteling.

Source : Leguide.be

Publié dans Revue de Presse Europe

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